Théodore Rousseau, Jean-Baptiste Camille Corot,
Charles-François Daubigny ou Jean-François Millet,
ce sont près de cent artistes qui firent de Barbizon
l’un des hauts lieux de la peinture du XIXᵉ siècle.
« Je le répète, écrivit Van Gogh à son frère Théo, Millet
est le père Millet, c’est à dire le guide des jeunes peintres,
en toute chose. En ce qui me concerne, je pense comme
lui et je crois ce qu’il dit, une bonne fois pour toutes. »
Ne vous fiez pas aux apparences, les ruines peintes par Hubert Robert
sont pour beaucoup imaginaires. Nous donnant à voir son monde intérieur,
l’artiste nous promène dans tous les rêves du « siècle des Lumières ».
« Un peintre peint l’apparence des choses et non leur exactitude objective.
En fait il crée une nouvelle apparence des choses », écrivait Kirchner,
qui disait aussi vouloir faire de sa peinture « une confession ardente ».
« Quand vous éprouvez devant certaines œuvres d’art un sentiment
d’anarchie, de violence ou de vulgarité, étudiez-les à fond », écrivait Emil
Nolde. « Alors vous verrez comment l’illogisme devient liberté et la vulgarité
subtilité. Les peintures inoffensives valent rarement quelque chose. »
Der Blaue Reiter connut une existence éphémère, brisée
par la guerre. Mais il est pour les artistes d’aujourd’hui
le modèle parfait d’une réflexion sur leur propre création.
August Macke supportait mal l’influence idéologique
de Kandinsky sur Franz Marc. « Une œuvre d’art est
une parabole, écrivit-il, l’idée personnelle d’un artiste,
une petite chanson sur la beauté des choses. »
« Franz Marc et moi », racontait volontiers Wassily Kandinsky,
« prenions un café sur une terrasse ombragée. Nous aimions
le bleu tous les deux, Marc les chevaux et moi leurs cavaliers.
Le nom Der Blaue Reiter s’est imposé de lui-même… »
« L’art est le seul langage que l’âme puisse entendre »,
écrit Wassily Kandinsky, mais il suffit de voir les versions
de l’Église à Murnau pour deviner que ce fut pour lui lent et
laborieux de créer un langage véritablement libéré du réel.
Si l’on en croit Wassily Kandinsky, c’est parce qu’il était
sorti dans la nature avec sa boîte de couleurs que, revenu
chez lui au crépuscule, il aperçut sur le mur l’un de ses
tableaux accroché à l’envers, et en conçut l’art abstrait…