« J’ai débouché dans le blanc, camarades aviateurs,
voguez à ma suite dans l’espace sans fin. » D’une phrase, Kasimir Malevitch nous ouvre les portes de l’art abstrait.
Piet Mondrian a été accusé de détruire la peinture traditionnelle.
Il n’y a pourtant qu’un vrai peintre pour imaginer qu’on peut, en quelques
lignes et tons, traduire une vision humaniste et cosmique de l’univers.
Procédant par simplifications successives, jusqu’à
dépasser l’objet, Piet Mondrian a créé un art nouveau,
aboutissant à l’une des plus pures visions abstraites.
Devant Le Buveur d’absinthe du distingué Édouard Manet, son vieux
maître Thomas Couture s’écria : « Mon ami, il n’y a ici qu’un seul
buveur d’absinthe, et c’est le peintre qui a produit cette insanité ».
Le scandale fut tel que, par dérision, Édouard Manet
baptisa Partie carrée son fameux Déjeuner sur l’herbe.
Pensez, une femme nue au milieu d’hommes habillés…
Bien qu’à la réflexion, l’objet du scandale, c’est la robe !
Tout l’art d'Edgar Degas semble concentré dans Le Foyer de la Danse à l’Opéra de le rue Le Peletier.
Une simple chaise au premier plan, quelques subtils
jeux de miroirs et tout est dit : l’art, le travail, la vie.
Malgré le succès de l’expo À fleur de peau, le rôle fédérateur
de Henri Fantin-Latour est encore aujourd’hui sous-estimé.
Car cet intimiste a fait le lien entre les peintres romantiques,
réalistes, symbolistes ou impressionnistes qu’il a fréquentés…
On connaît l’intérêt de Marcel Proust pour Monet,
mais le peintre qui l’a le plus fasciné est Whistler.
Au point de s’en être fortement inspiré pour créer
le personnage capital d’Elstir dans La Recherche.
Dans son Histoire naturelle, Pline l’Ancien raconte
qu’Alexandre le Grand tenait le peintre Apelle de Cos
en si haute estime qu’un jour il lui céda sa favorite.
Jean-Baptiste Greuze s’imposa dès son premier tableau.
Ses contes moraux encombrés de sous-entendus grivois
connurent une vogue incroyable, aussi intense que durable.
Il fit pleurer dans les chaumières, mais quel peintre fut-il ?