Y a-t-il un mystère Chardin ? Pourquoi sa peinture,
en apparence si banale, nous trouble-t-elle autant ?
Si secret il y a, où se cache-t-il ? Dans son humble
fidélité à une réalité familière ? Ou bien est-ce que…
Engagé volontaire, le peintre allemand Otto Dix est
envoyé sur le front en Champagne et dans la Somme.
Plusieurs fois blessé, il en revient pacifiste convaincu.
Il va alors utiliser son art pour dénoncer les horreurs
de la guerre, comme on peut le voir avec Der Krieg.
Attention, phénomène ! Helene Schjerfbeck était pétrie de talents,
et peu d’artistes ont connu une aussi remarquable évolution, passant
du naturalisme sensible de ses débuts à un art moins conventionnel,
où l’introspection tient la première place, comme on peut le vérifier
dans la série d’autoportraits où elle se regarde vieillir sans faillir.
Pourquoi Käthe Kollwitz, à laquelle deux musées sont consacrés
en Allemagne, reste-t-elle si méconnue en France ? Une éducation
protestante empreinte d'humanisme et des élans libertaires hérités
de la Révolution française, sa souffrance et son talent singulier ont
produit une œuvre à l’âpreté sociale qui semble encore déranger...
Plus qu’aucun autre artiste peintre de son temps, l’anglais John Martin
a magnifié l’insignifiance de l’homme face à l’immensité de la nature.
Nul mieux que lui a peint fléaux, ouragans, incendies ou cataclysmes.
John Constable a peint comme personne ce vert humide
qui est l'essence même du patrimoine pictural britannique.
Mais c’est le désespoir consécutif à la mort de son épouse
qui fait de lui l’un acteurs majeurs du romantisme anglais.
Après avoir découvert La Charrette de foin de John Constable, Eugène Delacroix transforme Scène des massacres de Scio,
la veille même de sa présentation au Salon. Mais c’est avec La Mort de Sardanapale qu’il va scandaliser ses admirateurs.
Perdus dans leurs songes, murés dans le silence, les personnages
de Caspar David Friedrich nous tournent le dos, nous contraignant
à regarder dans la même direction qu’eux, à partager leur solitude.
Trente ans après la mort de Monet, alors que triomphe l’Abstraction lyrique,
le public découvre ses ultimes toiles, qui semblent annoncer l’art informel.
Pourtant Monet n’a rien d’un abstrait. Devenu presque aveugle, il a renoncé
à l’observation du réel et tente de restituer une nature familière et concrète.
Après la mort tragique de Camille, Monet quitte Vétheuil.
Il transporte son chevalet à Dieppe, à Pourville, à Etretat.
Et c’est là, au spectacle de ce grandiose paysage marin,
que son chagrin peu à peu fait place à l’émerveillement.