Plus qu’aucun autre artiste peintre de son temps, l’anglais John Martin
a magnifié l’insignifiance de l’homme face à l’immensité de la nature.
Nul mieux que lui a peint fléaux, ouragans, incendies ou cataclysmes.
John Constable a peint comme personne ce vert humide
qui est l'essence même du patrimoine pictural britannique.
Mais c’est le désespoir consécutif à la mort de son épouse
qui fait de lui l’un acteurs majeurs du romantisme anglais.
Après avoir découvert La Charrette de foin de John Constable, Eugène Delacroix transforme Scène des massacres de Scio,
la veille même de sa présentation au Salon. Mais c’est avec La Mort de Sardanapale qu’il va scandaliser ses admirateurs.
Perdus dans leurs songes, murés dans le silence, les personnages
de Caspar David Friedrich nous tournent le dos, nous contraignant
à regarder dans la même direction qu’eux, à partager leur solitude.
Trente ans après la mort de Monet, alors que triomphe l’Abstraction lyrique,
le public découvre ses ultimes toiles, qui semblent annoncer l’art informel.
Pourtant Monet n’a rien d’un abstrait. Devenu presque aveugle, il a renoncé
à l’observation du réel et tente de restituer une nature familière et concrète.
Après la mort tragique de Camille, Monet quitte Vétheuil.
Il transporte son chevalet à Dieppe, à Pourville, à Etretat.
Et c’est là, au spectacle de ce grandiose paysage marin,
que son chagrin peu à peu fait place à l’émerveillement.
Monet, ce n’est qu’un œil, disait Cézanne qui le jalousait.
Pourtant si les cubistes héritiers du maître d’Aix ont mené
la peinture à une impasse, ceux du Havrais sont éternels,
qui tentent de saisir ce qui, par nature, est insaisissable.
Claude Monet attribuait à Jongkind l’éducation de son œil,
mais c’est bien Eugène Boudin qui lui mit le pied à l’étrier.
Accompagnant les deux sur le motif, il tenta sans cesse
de capter la lumière changeante des ciels normands.